Nos actualités
Le billet de Marc Fayet #14 – Les Oh ! Et les Bah !
Le 15 juillet 2017
Notre vie est jalonnée de « Oh ! » et de « Bah ! » Oh ! Est une interjection marquant la surprise avec une possibilité d’exubérance comme : Oh Génial ! Oh super ! Oh la jolie fille ! Oh le démarrage ! Oh le sprint !

Bah ! En revanche est une interjection à visée négative avec forte connotation fatalise comme : Bah ! Tant pis ! Bah c’est foutu ! Bah ! Elle est pas si jolie que ça ! Bah ! C’est encore Froome qui va l’emporter.

Ainsi notre vie répond à quelques antagonismes qui peuvent nous permettre, soit d’approcher une certaine forme d’exaltation où l’extraordinaire pointe avec un soupçon d’incrédulité : Oh je le crois pas !

Soit nous pouvons sombrer dans un sentiment défaitiste augmenté d’un certain découragement : Bah ! C’est cuit !

Ainsi nous avons entre ces deux formes d’expressions, ressemblant davantage à des onomatopées qu’à de véritables mots, les manifestations instinctives de l’humain confronté à ses propres émotions générées par des situations de la vie où l’indifférence est bannie. L’homme est ainsi fait qu’il peut, alors qu’il est tranquillement installé à la terrasse d’un café,  s’exclamer au passage d’une beauté : Oh le canon ! S’il boit un canon ou tout simplement : Oh la belle bleue ! S’il regarde un feu d’artifice !

Il aurait pu hier, alors que nous étions le 14 Juillet, s’écrier : Oh il l’a fait ! Pour commenter le triomphe avant l’arc de Warren Barguil l’homme à pois qui tombe à pic. Comme il aurait pu se dire, toujours à la terrasse de son café en voyant la très jolie fille, la même que l’autre : Bah ! Toute façon c’est pas pour moi ! Un peu comme les coureurs qui ont tenté de s’accrocher au groupe maillot jaune sur les rampes impraticables du mur de  Péguère. Ils se sont dits aussi : Bah ! Toute manière t’as toujours un Sky qui s’taille devant et nous on s’caille derrière.

Ce contraste permanent est celui qui régit notre vie d’hommes et de femmes, confrontés que nous sommes à la lutte pour maîtriser le chaud et le froid qui sont en nous. Certains psy pourront diagnostiquer une tendance à la dépression voire à la bipolarité lorsque nous nous retrouvons à osciller entre l’enthousiasme et le découragement. Le Tour de France a cette particularité insidieuse de pouvoir nous endoctriner et  nous faire perdre notre conscience. Il est capable de nous intoxiquer par millions en nous rendant dépendants et contraints de subir les aléas émotionnels que nous ne pouvons pas esquiver. Le sort de tous les « Toureurs » (Coureurs du Tour)  nous devient aussi important que celui de nos proches. Pour se préserver d’une telle influence addictive il faudrait fermer les yeux et les oreilles, quitter la France, quitter le monde et s’isoler là où il n’y a plus personne, plus une image, plus une banderole, plus une flèche… C’est possible ! Devenir une sorte d’Ermite ascète et Misanthrope… Oui c’est possible mais se retrouver seul avec soi-même, sans café et sans vélo, sans Froome et sans Barguil, sans règlements et sans commissaires, sans montagne et sans descente, sans Voeckler et sans tentatives perdues d’avance, c’est risqué car si on se tait définitivement pour ne plus s’entendre faire des Oh ! Et des Bah ! On finira, c’est fatal, par se retrouver en silence à vivre des hauts et des bas.
Suivez-nous sur les réseaux sociaux
Contactez-nous
Newsletter
Inscrivez-vous pour recevoir nos dernières informations