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Le billet de Marc Fayet #13 – Les voix de la sagesse
Le 14 juillet 2017
Lorsque les problèmes diplomatiques s’intensifient, que la guerre semble inéluctable et que la confusion gagne les esprits rien de de tel que faire appel aux sages. Ils peuvent être philosophes, sociologues, historiens, mais ils peuvent également être de simples citoyens dotés d’un solide  bon sens. J’en ai deux dans mon quartier et c’est moi qui les ai choisis et leur ai attribué cette fonction qu’ils ne revendiquaient pas eux-mêmes. Tous les deux sont commerçants et ils étaient ouverts ce matin du 14 Juillet dans la rue du Poteau, on se serait d’ailleurs crus sur une étape du Tour tant le ballet des hélicoptères sillonnant notre quartier était incessant comme sur l’ensemble de Paris. Il ne s’agissait pourtant ce matin-là que de ceux qui étaient chargés de veiller à la sécurité. La sécurité de quoi me demanderez-vous ? Mais la sécurité de ceux qui sont chargés de protéger notre nation !  Vous seriez en droit de manifester votre étonnement « Il y a sur les champs des centaines de chars, des milliers de militaires armés et il faut les protéger ? » Je vous répondrai « Oui parce que la Seine est trop étroite pour les porte-avions » Oui bon ! Nous n’allons pas épiloguer plus longtemps sur la justesse de ce déploiement de force Parisien quand la force s’est montrée à Peyragudes où il n’avait même pas un lance-Pierre ou plutôt si il en avait un de Pierre mais il a craqué avant l’arrivée et n’a pas réussi à le lancer. Durant cette longue matinée j’ai décidé de consulter mes sages pour qu’ils me commentent la journée d’hier et me prédisent celle d’aujourd’hui, celle de la fête nationale, la journée bleue blanche et rouge où nous espérons toujours des successeurs à David Moncoutié, Richard Virenque ou Laurent Jalabert qui avaient eus en leur temps cet immense privilège de hisser la fierté d’être français au sommet de notre orgueil . Le premier  sage je l’ai vu dans sa boutique du Roi du saucisson, excellent charcutier traiteur, il s’appelle Roland, c’est un  Mayennais d’origine et qui ne jure que par la famille Madiot, « Mon frère connaissait bien son père et mon beau-frère a connu sa cousine ». Pour lui ce sera la journée Pinot «  Parce que Madiot + Pinot = drapeau ! » il s’est largement trompé, pas de Pinot ni de Madiot, encore moins de drapeau.  Quand à ce qu’il s’est déroulé hier il m’a juste affirmé que Romain Bardet était un excellent stratège, «  il pourrait défiler avec les Maréchaux aujourd’hui parce qu’il a fait mieux qu’un général.  Et puis vous avez vu l’anglais ?  Il va tout droit lorsqu’il faut tourner et il tournicote lorsqu’il faut finir tout droit. Voilà ce que c’est que de conduire à gauche ! On finit par être maladroits ». Il n’a pas pu aller plus loin dans son analyse, il avait les pâtés de lapin à sortir du four mais c’était bien résumé.

Je suis ensuite allé voir mon deuxième sage qui se prénomme André, il tient une cave nommée Cavavin  Il s’y connait bien lui aussi, genre de type qui connait la géographie sur le bout de la langue, maîtrisant les crus comme les parcours, il sait toujours me trouver la bonne bouteille qu’il faut… Ce matin il me conseille un petit vin d’Ariège, un coteau du Plantaurel blanc. « Faut le boire vite, il est un peu court en bouche mais tu verras à la fin il te laisse une impression inoubliable, un peu comme aujourd’hui où je vois un Français… » « Pinot ? » « Non, c’est pas un cépage qui tient par ici » Et de me détailler le tout, me promettant quelque chose de gouleyant, de nerveux, de racé, un truc corsé, étoffé et fruité. Je ne savais plus s’il me parlait du vin ou de l’étape ! Finalement c’était les deux, on l’a bien constaté. André c’est un sage qui aime les images, celle du Tour et celle des détours vinicoles. Il voulait aller plus loin et me sortait déjà un verre pour me faire goûter le vin de demain « un petit vin d’Aveyron » un Rouge de côtes de Millau et de me détailler à nouveau ses qualités «  « Tout ce que je peux te dire qu’il est bourru et qu’il a de la cuisse… » Mais ça je l’imaginais déjà, il faut être bien rodé pour gagner à Rodez. Nous n’avons pas pu prolonger car une cliente Anglaise entrait, elle voulait un petit vin italien qui s’avale comme un rien. André lui a dit qu’il n’en avait pas… Aujourd’hui il ne voulait vendre que du Français et nos vœux avec Warren furent exaucés.
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